Eléments de contexte

La protection de l’Homme vis-à-vis des risques biologiques potentiels provoqués par l’utilisation de DM est l’objectif principal des normes de la série ISO 10993. Celles-ci offrent un ensemble d’outils à la fois stratégiques, techniques et scientifiques permettant au fabricant de s’assurer de l’absence de tout risque biologique pour le patient et/ou l’utilisateur d’un DM.

Lors de l’évaluation biologique, l’intégralité du cycle de vie du DM, depuis la phase de conception jusqu’à l’emballage final est passée en revue car, l’origine des risques biologiques est variée et peut provenir des matériaux bruts mais aussi, des adjuvants, des procédés de fabrication ou de tout matériel qui interagit avec le DM lors de sa fabrication. L’évaluation biologique porte ainsi sur le produit fini, c’est-à-dire le DM qui a été soumis à tous les processus de fabrication, y compris l’emballage et la stérilisation.

 

Notre démarche

La démarche pour mener une évaluation biologique est d’adopter une approche par le risque en s’appuyant sur les exigences des normes ISO/TR 15499:2016, ISO 10993-1 :2018 et ISO 14971 :2007.

La première partie de la norme ISO 10993 fournit un cadre pour guider la réflexion dans l’élaboration du programme d’évaluation des risques biologiques adapté au DM, en tenant compte de la nature et de la durée d’exposition du DM avec le patient et/ou l’utilisateur (ISO 10993-1 : tableau A. 1).

Les points énumérés dans le tableau A.1 de la norme ISO 10993-1 correspondent aux paramètres biologiques à prendre en considération et ne constituent pas une liste exhaustive des contrôles d’essais à effectuer. Cette stratégie appuie le respect de la norme ISO 10993-2 sur l’éthique animale et intègre plus que jamais l’évaluation biologique au sein d’un processus de gestion du risque.

Parmi les paramètres à prendre en considération, l’évaluation des données physico-chimiques est obligatoire et constitue une étape indispensable à la considération de tout test sur des modèles in vivo ou in vitro. L’analyse physico-chimique va servir de fil conducteur à la suite de l’évaluation biologique. Celle-ci implique:

  • D’analyser les caractéristiques physiques en tenant compte de la description et l’analyse de l’état de surface et des propriétés physiques du DM (rugosité, porosité…), et leur adéquation avec l’usage du DM.
  • D’évaluer les données chimiques disponibles en réalisant une recherche bibliographique exhaustive et structurée sur les matières premières, sur les additifs et auxiliaires de fabrication (notamment à partir des fiches de données de sécurité, certificat matière, données fournisseurs). Le résultat de cette approche est logiquement dépendant des intrants toxicologiques apportés lors du procédé de fabrication et des matériaux sélectionnés pour la fabrication. Au terme de cette étape, et si des risques biologiques ne sont pas maîtrisés, une caractérisation chimique par voie analytique selon la norme ISO 10993-12/ISO 10993-18 est dans ce cas indispensable. Celle-ci va permettre d’identifier et de quantifier les substances chimiques et d’obtenir le profil des molécules relarguées par le DM. Bien entendu, ceci implique que la limite de quantification des techniques analytiques utilisées soit suffisante (prise en compte de l’AET : analytical evaluation threshold). Sans la prise en compte de ce seuil, la validité des résultats de caractérisation chimique peut être remise en cause. Par la suite, et s’il y a lieu, une analyse toxicologique des composés identifiés suivant la norme ISO 10993-17, permettra de définir si des composés présentent ou non un risque toxicologique pour le patient et/ou l’utilisateur du produit fini. Cependant, il est important de rappeler qu’une caractérisation chimique prévaut principalement pour les risques biologiques systémiques et que des tests peuvent être nécessaires pour maitriser les risques biologiques locaux, notamment pour les cas des DM implantables.

En fonction des résultats de l’analyse physico-chimique et des risques biologiques identifiés au cours de l’évaluation biologique, des tests additionnels in vivo / in vitro peuvent être recommandés ou au contraire, la non-conduite de certains tests biologiques peut être justifiée.

 

Notre intervention

Les fabricants doivent donc intégrer cette étape d’évaluation biologique dès les premières phases du développement des dispositifs, de façon à en tenir compte pour leur conception. L’une des facettes les plus importantes est par ailleurs la maîtrise complète des procédés de fabrication, permettant d’apporter les informations nécessaires pour une appréciation adéquate des risques biologiques.

Pour résumer, tous les paramètres de biocompatibilité recommandés en fonction du type et de la durée de contact avec le patient (Tableau A.1) sont à prendre en considération mais les tests associés ne sont pas systématiquement à effectuer. Une évaluation par le risque et sur la base des résultats de données physico-chimiques est essentielle pour juger de la nécessité d’aller plus loin dans la phase de tests. Egalement, les données cliniques ou post-marché sur l’usage du DM dans les indications et pour les populations prévues par le fabricant réglementaire sont également nécessaires pour la définition des risques.

Ainsi, l’évaluation biologique s’organise autour d’une vraie stratégie basée sur l’approche par le risque et sur le bon sens. Si elle est principalement guidée par l’ISO 10993, elle s’effectue aussi en prenant en compte d’autres standards, guides ou normes satellites au domaine de la biocompatibilité.

Enfin, il est important de noter que cette évaluation biologique doit être planifiée, effectuée et documentée par des personnes expérimentées et compétentes. Ces termes, que l’on a l’habitude de rencontrer sur les problématiques d’évaluation clinique, s’appliquent de la même manière à l’évaluation biologique. Le plan de gestion des risques doit identifier les compétences spécifiques nécessaires pour ainsi nommer de façon pertinente les personnes responsables de l’évaluation de la sécurité biologique.

L’évaluateur biologique joue le rôle d’interlocuteur principal entre le fabricant et le laboratoire d’analyse. Il doit avoir une compréhension des différents tests applicables afin de pouvoir apporter son expertise dans le domaine toxicologique et déduire s’il est nécessaire pour le fabricant, d’effectuer des tests complémentaires.

La biocompatibilité est un critère déterminant dans la mise sur le marché des DM. L’évolution récente des méthodologies d’évaluation des dossiers techniques par les Organismes Notifiés place plus que jamais ce sujet au centre de l’attention. L’évaluation biologique est en effet un élément essentiel pour répondre à certaines exigences essentielles.

Dans le contexte actuel, où la demande de mise en conformité selon les méthodes effectives est forte et urgente, EFOR Healthcare apporte son expertise et une approche méthodique à ses clients fabricants de DM. Nos experts en évaluation biologique sauront vous accompagner sur les évolutions des normes régissant l’évaluation biologique de vos DM, notamment ISO 10993-1 et 10993-18. D’autre part, nos experts en toxicologie pourront vous accompagner sur l’évaluation toxicologique selon la 10993-17 (TRA : toxicological risk assessment).

Nous faisons le choix de vous accompagner grâce à une équipe de profils spécialisés, qui pourront suivre le projet d’évaluation biologique et toxicologique de la phase de mise en place de la stratégie d’évaluation jusqu’à la rédaction du rapport, tout en restant à votre écoute et ouverts à la communication.